Billet

Vous avez dit météorites ?

En ce moment se déroule l’exposition “Météorites, entre ciel et terre” au Muséum national d’histoire naturelle à Paris. J’espère pouvoir aller la voir bientôt ! En attendant, je lis un livre rédigé par Matthieu Gounelle, le commissaire d’exposition. Cela me permet de préciser certaines notions abordées rapidement lors de la visite du musée de minéralogie, de découvrir de nombreux récits liés aux météorites, mais aussi d’identifier ce qui m’inspire, ce qui pourrait être ré-exploité dans de futurs dispositifs de médiation. Voici un petit tour d’horizon de mes premières intuitions.

La première possibilité serait de travailler sur des données, de communiquer de manière visuelle des informations liées aux météorites. Par exemple, avec un travail d’illustration et de datavisualisation, je pourrais parler de la tailles des météorites, de leurs masses et leurs vitesses, du changement d’états lors de la rentrée atmosphérique, de la taille d’un cratère par rapport à la taille de la météorite, des statistiques liées aux chutes, etc. Cette production ferait essentiellement appel à la vue et à une intellectualisation des données représentées.

Une autre approche pourrait être de faire appel à la manipulation et de proposer des expériences plus sensibles pour découvrir différentes propriétés des météorites. L’idée serait de d’éloigner des formes de représentations réalistes comme les modèles en plâtre présentés au musée au profit d’éléments plus abstraits et minimalistes. Par exemple : proposer deux sphères identiques à soupeser. À volume égal, l’une représente le poids d’une pierre et l’autre celui d’une météorite. Une autre expérience peut être consacrée aux motifs de Widmanstätten. Ces motifs géométriques sont présents sur les météorites après que les scientifiques aient appliqué de l’acide en surface. Le public pourrait à son tour expérimenter cette action de révéler quelque chose d’unique et de mystérieux grâce à un protocole de manipulation.

Au fil des siècles, différents cultes ont été voués aux météorites. Certains ont eu des réactions parfois étranges face à ses pierres. La première météorite européenne à avoir été conservée est tombée à Ensisheim en Alsace au XVème siècle. Les habitants l’ont enchaînée dans l’église du village, de peur qu’elle ne reparte dans le ciel. À partir de cette histoire, on peut imaginer quelque chose de fictif, de narratif. Que se passerait-il si une météorite retournait chez-elle dans l’espace ?

Toujours par rapport à cette idée de voyage, une proposition pourrait être consacrée au fait que le ciel est une machine à remonter le temps. Regarder une étoile, c’est regarder dans le passé et recevoir une lumière émise il y a de nombreuses années. De même, tenir une météorite dans ses mains c’est tenir un objet qui a été témoin de la formation du système solaire. Comment exploiter ce rapport au temps qui, a une si grande échelle, nous dépasse ?

Enfin, qui dit “météorites” dit “chutes”. Dans l’inconscient collectif, les chutes de météorites s’apparentent à des événements catastrophes, qu’il s’agisse de l’extinction des dinosaures ou d’autres scénarios apocalyptiques, notamment véhiculés par les oeuvres de fiction. Qu’en est-il des chutes de météorites les plus fréquentes, celles de moins d’un mètre qui font des dégâts relativement légers ? On ne déplore aujourd’hui aucun décès causé par une chute de météorite. En revanche une femme a été blessée alors qu’elle regardait la télé sur son canapé, une boîte aux lettres a été perforée, ainsi qu’un toit de maison ou encore des voitures. Une collection d’objets, par exemple en papier, peut ancrer ces chutes de météorites dans l’univers du quotidien et créer un lien avec les témoignages des personnes concernées.

Ma réflexion est bien sûr loin d’être terminée, mais voici un aperçu des premières idées qui me viennent à l’esprit après quelques jours passés dans l’univers des météorites. À suivre…

 

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Ce billet fait partie du parcours temporel Design et sciences : récit d'une immersion

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