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40 femmes scientifiques remarquables du XVIIIe siècles à nos jours

Publié le
03 juillet 2019
par Lucile.JDS
Sciences et sociétés
Femmes en sciences
"Physicienne, j’ai évolué dans un monde masculin, mais pendant longtemps je ne me suis pas trop posé de questions ni sur cette situation, ni sur l’histoire des sciences, si peu enseignée en France contrairement à ce qui se passe aux États-Unis. C’est en rencontrant les jeunes d’aujourd’hui que j’ai pris conscience à quel point la quasi absence de figure féminine dans les livres scolaires, pourtant très illustrés de nos jours, avait un impact fort sur le destin des filles qui ont tendance à se déployer sur seulement 15 des 86 familles professionnelles recensées. J’avais eu la chance de découvrir la physique et la chimie en classe de seconde à la fin des années 1960, d’en imaginer immédiatement l’extraordinaire fascination et portée. Alors, je m’étais plongée dans la biographie de Marie Curie, dont les préoccupations résonnaient avec les développements que j’observais et tout naturellement j’avais intégré le Commissariat à l’Energie Atomique (le CEA) en physique nucléaire expérimentale. Avec le recul, je me considère comme une des irréductibles scientifiques passionné.e.s très peu influencé.e.s par les modes et l’environnement sociétal. Aujourd’hui, le monde change plus vite qu’on ne peut le concevoir, la société est plus horizontale, des métiers disparaissent et d’autres se créent qui nécessitent des connaissances nouvelles et bien souvent techniques, et ce, à tous les niveaux de spécialisation. Des questions se posent à l’échelle mondiale où la physique, la biologie, les mathématiques, l’informatique, la chimie sont des clefs indispensables. Filles comme garçons devraient s’en emparer... Ensemble, ils et elles ne seront pas trop nombreux et nombreuses pour contribuer à faire face à des défis identifiés mais dont les solutions ne sont pas données et relèvent de la connaissance, de l’innovation et du travail collectif. De façon contradictoire, alors que le monde est de plus en plus technologique, un premier déclin de l’intérêt des jeunes pour les sciences est apparu à la fin des années 1980-90 partout dans le monde, puis une stagnation de la progression des filles dans les études supérieures en sciences fondamentales, mathématiques, voire une régression dans le numérique et à tous les niveaux : BTS, universités, écoles d’ingénieur.e.s, grandes écoles. Leur nombre ne dépasse pas 29 % dans les écoles d’ingénieur.e.s bien qu’elles soient aussi bonnes, voire meilleures, que les garçons dans les filières scientifiques au lycée : on ne compte que 10 à 20 % de filles dans les formations professionnelles techniques et dans le numérique ou en mathématiques ! En effet mixité dans l’enseignement secondaire ne signifie pas égalité des chances, ni égalité des perspectives. Depuis bientôt 20 ans, les chiffres sont parfaitement connus, étudiés. Les filles se détournent de ces filières car elles ne s’y projettent pas. Elles ne s’y voient pas... Elles préfèrent penser à la médecine et à tous les métiers associés relevant du soin. En médecine, elles constituent 60 à 70% des étudiants, là elles se projettent facilement, cela leur parle et elles aiment s’imaginer en être. Mais est-ce vraiment souhaitable de ne pas chercher l’équilibre femmes-hommes dans ces filières aussi ? Les jeunes filles connaissent-elles des femmes scientifiques ? Oui, Marie Curie. Elles connaissent son visage. Et les autres femmes ? Là, elles restent sans voix. Les éditeurs de livres scolaires aussi quand ils regardent la liste de femmes proposées par le centre Hubertine Auclert, et c’est à peu près pareil pour les professeurs, et même pour beaucoup de scientifiques. Qui sont ces femmes scientifiques d’autrefois et d’aujourd’hui, qu’ont-elles fait ? Pourquoi n’en parle-t-on pas ? Pourquoi les voit-on rarement évoquées? Les métiers scientifiques sont mal connus, les visages féminins inconnus, et le résultat de leurs travaux également, alors comment pouvoir se projeter... De plus, les jeunes craignent de devoir parcourir des chemins trop arides pour rejoindre ces métiers. L’association Femmes & Sciences a pour objectifs de promouvoir les femmes dans les sciences et les techniques et de promouvoir les sciences auprès des jeunes, en particulier auprès des jeunes filles. Elle a décidé, avec le soutien des ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation et des Droits des femmes (aujourd’hui Secrétariat d’État chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes), de rédiger ce premier opuscule de quelques portraits de femmes scientifiques qui ont bousculé la connaissance et les pratiques. Elle n’est pas la seule à se lancer dans une telle mise en valeur* des femmes du passé, ce qui montre qu’il commence à y avoir une certaine urgence à déployer notre jeunesse sur tous les fronts. Alors que de nombreux métiers vont disparaître, il est précieux que les filles comme les garçons acquièrent des compétences diverses qui permettent une richesse de rebondissements importants. Il est crucial aussi de leur permettre de se projeter vers des horizons variés. De plus, il est évident qu’une plateforme plus large d’orientation après les études secondaires contribuera à moins de saturation dans certains secteurs. Mais pour cela il faut donner à connaître et élargir le champ des possibles... Des femmes remarquables existent en réalité dans toutes les disciplines, mais nous avons ici choisi d’en présenter certaines dans des disciplines où effectivement il y a une minorité de femmes et de ne pas négliger la biologie et la médecine où ce n’est pas le cas, mais cette discipline, aujourd’hui très sollicitée par les filles, l’est moins par les éditeurs de livres scolaires. Les parcours des femmes scientifiques évoqués dans ce livret furent parfois étonnants, parfois difficiles, mais ce que l’on ressent en les étudiant, c’est la détermination, la passion de ces femmes et aussi leur compétence... Notre but n’était pas d’être exhaustives, ni de ne faire connaître que des Françaises car la science a toujours été internationale et dans l’échange. Mais nous souhaitions montrer qu’en France, elles étaient présentes au cours des siècles, même si la barrière de la formation, différente de celle des garçons, a limité leur nombre dans le passé. Nous avons choisi de proposer plusieurs portraits par discipline : astrophysique-spatial, biologie-médecine, chimie, informatique, mathématiques et physique afin d’inciter les maisons d’édition, le corps enseignant, à s’en emparer et à pouvoir rapidement les relayer. Ce livret pourra être aussi utilisé par les maires de France et les politiques qui cherchent à faire connaître, à leur tour, des talents féminins souvent bien cachés, qu’ils soient contemporains ou du passé. Ces femmes nous montrent, jusqu’à l’évidence, qu’il n’y a pas de fatalité liée au sexe dans les vocations et les compétences. La science est universelle. Les talents de chacun.e contribuent à le.la mettre au service de notre société, tout en veillant à limiter ses dérives. Sur ce point aussi, l’apport des femmes est utile et elles ont toute légitimité à apporter des positions argumentées. Bonne lecture." Sylvaine Turck-Chièze

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